Instameet au Mont-Saint-Michel : traversée de la Baie

L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie et l’un des dix plus fréquentés en France. Élément majeur, l’abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 1862. L’îlot du Mont Saint-Michel est devenu au fil du temps un élément emblématique du patrimoine français ! Aujourd’hui, je ne vous parlerai pas du Mont en lui-même mais de sa baie que j’ai eu la chance de découvrir lors d’un Instameet entre instagrameurs normands avec Manche Tourisme. 

Visite de l'écomusée de la Baie

Avant la découverte de la baie à pieds, nous avons été invités à découvrir l’écomusée de la baie du Mont, un magnifique musée! On y découvre un parcours agrémenté de vidéos, de cartes, d’extraits sonores et de reconstitutions pour comprendre les hommes, la nature et les paysages. Chaque partie du musée est une découverte sur la géologie, les animaux, la végétation mais également les travaux de l’homme dans la Baie et au fil du temps et des saisons. Sur plus de 400 m² et avec une vue incroyable sur la baie, on découvre le savoir-faire des hommes dans la protection et la préservation de cet environnement.

A la conquête de la Baie

Pour cette traversée, départ en fin de journée pour la découverte de la magnifique baie accompagnés d’un guide touristique. Il faut savoir que la baie est aussi belle qu’elle est dangereuse notamment à cause de ses marées (parmi les plus impressionnantes d’Europe) et de ses sables mouvants. Voilà pourquoi il est important d’être accompagné d’un professionnel afin de découvrir les richesses de ce paysage sans craindre d’être surpris par l’eau qui remonte à grande vitesse.  Plusieurs visites de la baie sont possibles et proposent des balades entre 2 et 13km: randonnées, circuits thématiques, sorties nocturnes… La traversée complète de la baie est longue et il faut être physiquement en forme pour partir à la conquête du Mont notamment si on compte effectuer le trajet aller-retour!

Pour cette journée, il est nécessaire de bien s’équiper : tenue prête à aller dans l’eau, vieilles chaussures ou bottes, il faut que celles-ci puissent être trempées, subir la boue et la vase et ne pas être trop pesantes aux pieds. Il faut également prévoir un coupe-vent et celui-ci n’est pas négligeable! Même si on se trouve dans les terres avec un soleil bien présent, il faut se méfier car le vent est bien là, et il frappe fort. En effet, la baie est une étendue de nature impressionnante sans aucun obstacle pour contrer le vent.

La baie du Mont-Saint-Michel est une baie située entre la Bretagne (au sud-ouest) et la péninsule normande du Cotentin (à l’est) au fond du golfe normand-breton. La baie  s’étend sur environ 500km², elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. Le marnage très important dans la région (plus de dix mètres) permet à une grande partie de cette baie d’être découverte à marée basse. Le secteur abrite une grande variété d’oiseaux et des phoques veaux marins. Nous avons d’ailleurs eu la chance de voir l’un de ces phoques très curieux qui n’hésitent pas à approcher les touristes.

L'envasement

La baie présente la particularité d’être pratiquement plate et donc sujette à l’envasement. Il existe plusieurs zones de sables mouvants dans les parties sableuses de la baie, surtout les chenaux qui divaguent de jour en jour. Conjuguée à une amplitude de marée exceptionnelle, cette configuration rend la zone dangereuse, par temps de brume (perte totale de repères), causant des noyades non par réel enlisement, mais par épuisement : on ne peut marcher dans une vase sans être aguerri, car le sol se dérobe sous le mouvement et bloque si on ne bouge pas. Essayer d’empêcher une personne de s’enliser en la tractant afin qu’elle retrouve la terre ferme est impossible, puisque son poids équivaut approximativement à celui d’une voiture dans cette situation.

Notre guide nous a montré la force des sables mouvants et de quelle manière il fallait s’y prendre pour s’en échapper. Notre petit groupe s’est d’abord amusé à faire bouger la surface des sables mouvants, comme sur un matelas d’eau géant. Nous étions en équilibre et la surface de sable mouillé se balançait au rythme de nos petits pas. Le principal, c’est de rester toujours en mouvement et pas trop longtemps au même endroit. Nous avions l’air d’être sur un flan géant faisant vibrer toute la surface du sable. 

C’est très impressionnant et ce n’est pas du tout comme on l’imagine. En effet, on pense toujours qu’il est impossible de se dégager de ce sol et n’importe lequel d’entre nous, coincé dans les sables tenterait de s’en sortir en levant une jambe puis l’autre. Le guide nous a expliqué que c’était la principale erreur à ne pas commettre justement à cause du poids de notre corps et contrairement à une idée répandue, un corps pris dans un sable mouvant n’est pas aspiré par le fond, mais flotte. Pris dans un sable mouvant, il vaut donc mieux n’user que de gestes doux et tenter de ramener de l’eau autour de ses membres, en se laissant flotter. L’astuce consiste à tourner si possible son pied pour introduire de l’eau entre le sable et le pied, et fluidifier un peu le milieu. Le guide lui-même s’est enfoncé volontairement pour nous montrer comment s’en dégager et de quel manière ces sables nous maintenaient dans le sol.

Trois cours d’eau se jettent dans cette baie (et la traversent à marée basse) : le Couesnon, maintenant endigué à l’ouest du mont Saint-Michel, la Sée et la Sélune. La très faible pente de la baie et l’important marnage provoquent par grande marée d’équinoxe la formation d’un mascaret (“barre”) dans ces rivières qui peut remonter plusieurs kilomètres dans les terres. Ce phénomène de brusque surélévation de l’eau d’un fleuve ou d’un estuaire est provoqué par l’onde de la marée montante lors des grandes marées. Il se produit dans l’embouchure et le cours inférieur de certains fleuves lorsque leur courant est contrarié par le flux de la marée montante.

Le Mont Tombelaine

Deux îlots granitiques se trouvent dans la baie du mont Saint-Michel, Tombelaine et le mont Saint-Michel. L’important marnage de la baie permet à cet îlot d’être atteint à pied sec par basse mer.

Envahie, selon la légende, par la forêt de Scissy, la baie était plus vaste aux temps historiques anciens et seules trois îles émergeaient : le mont-Dol, situé maintenant à l’intérieur des terres, le mont Tombe (le mont Saint-Michel) et l’îlot de Tombelaine. Un mythe breton rapporte qu’une princesse nommée Hélène, fille du roi Hoël, fut enlevée par un géant, et fut inhumée sur ce rocher. Le nom de l’îlot viendrait alors d’une contraction de « Tombe Hélène ». Une autre légende raconte que Hélène se serait suicidée en tombant du rocher, ne voyant pas revenir son amant de la guerre.

En 1137, Bernard le Vénérable y fonda un prieuré, et l’îlot devint un lieu de pèlerinage. L’église fut dédiée à Notre-Dame de la Gisante ou Notre-Dame de Tombelaine. À partir du 11 février 1423, dans le cadre de la guerre de Cent Ans, Tombelaine fut occupé par les Anglais, qui souhaitaient faire tomber la place forte du mont Saint-Michel. Ils y construisirent un fort avec donjon. Durant les guerres de religion, le comte de Montgomery fait du rocher son repaire. Il y aurait battu de la fausse monnaie et abrité sa maîtresse.

Tombelaine est acheté en 1933 par l’État qui l’intègre à son domaine privé. Il est classé aux monuments historiques en 1936 et une réserve ornithologique y est créée en 1985. L’îlot appartient depuis 2010 au Conservatoire du littoral.

Cette découverte est fascinante, nous avons traversé les cours d’eau, les polders, la vase, le sable, les sables mouvants… Toute cette traversée est une découverte de paysages mais également de nature, de faune de flore et d’histoire, on apprend beaucoup, le tout dans une ambiance vraiment sympathique et décontractée.

La première étape de la traversée est vraiment très marrante, on se retrouve tous un peu perdus face à l’immensité du décor et après avoir traversé les premiers champs jusqu’à la vase. L’étape la plus difficile, comme le rappelle le guide, ce sont les 15 premiers mètres car il faut garder l’équilibre. Si à première vue cela paraît facile, je peux vous assurer qu’il n’en n’est rien, nous avons bien rigolé! La vase, c’est une véritable patinoire, on glisse dessus comme sur la glace avec des patins! Le tout est de ne jamais s’arrêter et de marcher avec détermination en faisant des petits pas réguliers et surtout en regardant toujours devant soi.

Ça a vraiment été une expérience géniale, à tenter au moins une fois et je pense à différentes saisons. Pour ma part, j’y retournerai dès que possible. Je dois avouer que c’est une balade assez fatigante mais qui fait un bien fou, un vrai bol d’air! On se sent tellement petits face à la huitième merveille du monde! 

Après cela, le guide nous a rincé pieds et jambes à tour de rôle à coup de jets, un moment sympa et convivial tous ensemble! Et pour finir, nous avons eu la chance de partager un petit en-cas entre normands avec de purs produits du terroir et quoi de mieux pour terminer une si belle journée? 

Merci à Manche Tourisme pour cette belle journée!

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